Partie VI L'air :

Chapitre 3 - Nuisances dues aux substances volatiles :
 b - Conseils pour les substances volatiles    - -< voir les sujets proches

 

  

Mesures simples
Quelques mesures simples permettent d’éviter ces nuisances ou d’en diminuer fortement l’impact :

  • Utiliser des produits de substitution n’émettant pas ou peu de solvant et de vapeur nuisible. Exemples.
    • Des aérosols respectant la couche d’ozone (étiquette, fiche technique)
    • Eviter les décapants chimiques qui peuvent émettre des COV*
    • Panneaux de bois agglomérés à faible émission en formaldéhyde
    • Plâtre naturel (moins de risques de contenir du radon)
    • Peintures aqueuses
    • Colle aqueuse ou thermofusible
    • Nettoyants non volatils
    • Laine de verre plutôt que de la mousse isolante

                *COV = Composé Organique Volatile

  • Aspersion plutôt que vaporisation

  • Ne pas brûler les déchets et ne pas percer les aérosols.

  • Refermer convenablement les pots de produits, peintures et solvants.
    Cela limite les émissions de solvants et évite les écoulements accidentels.
    Les restes de produits ne séchant plus, la consommation en sera diminuée.

  • Stocker les absorbants souillés et les produits dans des conteneurs fermés hermétiquement.

  • Réutiliser les produits tels les solvants.

  • Aérer les locaux durant l’emploi de produits volatils (et par après).

  • Veiller à étanchéifier (peintures, papier vinyle, etc.) les surfaces émettrices de substances dangereuses (plâtre, sol, panneaux agglomérés, panneaux isolants, …).


La ventilation
La ventilation des locaux permet d’évacuer les émissions nocives non seulement afin de préserver la santé des travailleurs mais aussi la qualité du travail effectué.

Préalablement à l’installation d’une ventilation mécanique complexe, il convient :

  • d’éliminer préventivement les sources de pollution (récipients ouverts, produits alternatifs…) et de séparer au maximum les postes polluants des autres.

Le système de ventilation doit prévoir des captages locaux et un captage général.
La ventilation générale permet d’éliminer la pollution résiduelle.

Le captage localisé doit être prioritaire afin de capter les polluants au plus près de manière à ne pas placer les travailleurs dans les flux pollués. La ventilation générale seule n’est suffisante que lorsque le local est assez vaste et les contaminants dispersés en faibles quantités.

Le captage local aspire les toxiques le plus près possible de la source d’émission afin d’éviter que ceux-ci ne se répandent dans l’atmosphère. Celui-ci sera de préférence horizontal (pas de hotte) afin de ne pas placer l’opérateur dans le flux d’air pollué.

Attention : La ventilation doit être installée par des spécialistes afin de ne pas entraîner d’autres problèmes (bruit, odeurs, courants d’air), ou d’induire une gêne telle que les travailleurs déconnectent le système.



Traitements des effluents gazeux
Les COV* constituent une importante source de pollution de l’air. Il ne faut pas négliger la nécessité d’une épuration de ses rejets gazeux.
Du fait de l’évolution constante des différentes techniques permettant d’épurer les effluents gazeux, ce chapitre présente, de manière très succincte, les différentes techniques. Son seul but est uniquement de fournir un aperçu permettant de favoriser la discussion avec un représentant.


*COV = Composé Organique Volatile

Il existe deux grandes familles de techniques de traitement de l’air

Les techniques permettant la récupération des COV telles l’adsorption, l’absorption, la condensation et la perméation gazeuse

Les techniques permettant la destruction des COV telles l’incinération et la bioépuration

 

Dans le secteur de la construction, ces techniques s’appliquent principalement aux cabines et espaces de peintures ou d’encollage.

Attention : Les techniques d’épuration de l’air sont, en général, onéreuses et ne doivent être envisagées qu’après que les possibilités de recyclage, de substitution de produits ou de procédés aient été épuisées.
La technique doit être choisie en fonction des débits, du type et du taux de concentration des COV.

L’adsorption

L’adsorption est un phénomène de liaison physique entre un gaz (ou un liquide) et un solide appelé adsorbant. Cette liaison est caractérisée par un dégagement de chaleur dite chaleur d’adsorption.

L’adsorption est surtout utilisée pour concentrer les vapeurs de solvants afin de diminuer les coûts de fonctionnement des unités de récupération et de destruction postérieures.

Les adsorbants utilisés sont des charbons actifs, de zéolithes ou de polymères.

Le dispositif contenant l’adsorbant (l’adsorbeur) peut être à lit fixe, à lit rotatif ou à lit fluidisé.

L’absorption

L’absorption est en général plus employée pour les gaz acides que pour les COV.
L’absorption est le transfert d’un composant d’un mélange gazeux (ou liquide) à un liquide absorbant (l’eau pour les composés solubles et l’huile pour les composés organiques insolubles dans l’eau).

L’absorption s’effectue, le plus souvent, dans une colonne à garnissage ou un contact maximal est effectué entre l’air pollué et le liquide absorbant.

La condensation

Ce procédé ne permet pas d’atteindre des valeurs-limites d’émissions imposées par les réglementations. C’est pourquoi, les techniques de condensation sont surtout employées pour pré-épurer des effluents ayant des teneurs élevées en COV.

Le principe de la condensation est de refroidir le gaz jusqu’au point de rosée. Les COV y deviennent liquides (goutte ou perle) et peuvent ainsi être récupérés.

La perméation gazeuse

La perméation gazeuse est employée pour de faibles débits d’air (100-200 m/h) présentant des concentrations en COV élevées (> 100 g/Nm) comme par exemple les réservoirs à mazout et les installations de séchage où l’air circule en circuit fermé.

Dans cette technique, l’air en passant sous pression à travers une membrane dense se libère des COV qui sont recueillis séparément.

L’incinération

L’incinération est un procédé d’oxydation (combustion) dans lequel les COV sont convertis en vapeur d’eau (H20) et en dioxyde de carbone (CO2) avec un dégagement de chaleur (chaleur de combustion).

On distingue l’incinération thermique (600 à 1000° C) de l’incinération catalytique qui s’effectue à plus basse température (300 à 600° C) sous l’action d’un catalyseur.

La bioépuration


Les COV sont détruits par l’intervention de bactéries qui les utilisent comme éléments nutritifs (et les décomposent en CO2 + H2O + sels minéraux) en condition aérobie (présence d’air) et en milieu humide.

Ce procédé prometteur relativement nouveau permet des efficacités d’épuration de 90 à 99 %.
Deux techniques existent.
Le biofiltre : les bactéries sont fixées sur un support solide humidifié. Ce procédé ne convient que pour les COV solubles dans l’eau.
Le biolaveur : les bactéries sont en suspension dans une colonne de lavage.


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Marco - Management des risques environnementaux dans les métiers de la construction
juin 2004
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